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Bruckner première manière

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
03/23/2025 -  et 21 (Rotterdam), 22 (Köln) mars 2025
Richard Strauss : Quatre derniers lieder
Anton Bruckner : Symphonie n° 3 (version de 1873)

Angel Blue (soprano)
Rotterdams Philharmonisch Orkest, Yannick Nézet‑Séguin (direction)


Y. Nézet‑Séguin (© George Etheredge)


En résidence aux Champs-Elysées, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam y donne souvent de mémorables concerts. Est‑ce le cas du dernier ? Oui et non. Les Quatre derniers lieder de Strauss sont un naufrage, chantés par une Angel Blue aux registres dessoudés, au grave absent, à l’aigu forcé et peu assuré, sans ligne, étrangère à la phrase straussienne, incapable d’en restituer les mots. Yannick Nézet‑Séguin semble gêné, ne laisse pas respirer son orchestre, dont se détachent heureusement les solistes – le cor, le violon.


Bruckner sauve la mise. De la Troisième Symphonie, fruit de la révélation wagnérienne, le chef canadien a préféré la première mouture plutôt que les révisions de 1877 ou 1889, cette dernière étant la plus fréquentée par les chefs. Celle‑ci dure environ dix minutes de moins qu’en 1873, où l’on sent le compositeur mal à l’aise avec le développement dialectique, procédant plutôt par juxtaposition de sections contrastées, avec de fortes oppositions dynamiques. Une partition foisonnante, parfois décousue dans son hommage à l’aîné vénéré, dont certains leitmotive sont intégrés au tissu musical.


Yannick Nézet-Séguin en offre une superbe interprétation, jamais empesée, qui prolonge ses enregistrements à la tête de l’Orchestre Métropolitain et de la Staatskapelle de Dresde (voir ici). Le Gemässigt, misterioso initial, un des plus amples premiers mouvements des symphonies du maître, ne suscite pas d’impression de longueur, tant la polyphonie en reste claire, les pupitres équilibrés, les enchaînements naturels. L’Adagio déborde d’un lyrisme intense, sans s’attarder, avec une pâte sonore très belle, des cordes très moelleuses. D’une tonicité agreste, le Scherzo a bien ce côté «  paysan » volontiers cultivé par Bruckner. Si le Finale tourne en rond plus qu’il n’avance et peine à se relancer, le chef en assume brillamment les faiblesses, qu’on finit par oublier. Du début à la fin, il relève le défi que constitue cette Troisième Symphonie originelle.



Didier van Moere

 

 

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