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Rigueur et sobriété

Tournai
Conservatoire
03/15/2025 -  
Joseph Haydn : Quatuor en ré mineur, opus 42, Hob. III:43
Béla Bartók : Quatuor n° 3, Sz.  85
Ludwig van Beethoven : Quatuor n° 15, opus 132

Aitor Hevia, Cibrán Sierra (violon), Josep Puchades (alto), Helena Poggio (violoncelle)


J. Puchades, A. Hevia, H. Poggio, C. Sierra (© Igor Studio)


Formé en 2003, le Quatuor Quiroga revient à Tournai, huit ans après sa précédente visite, pour la vingt‑troisième édition du festival de quatuor à cordes « Voix intimes ».


La première partie comporte deux œuvres concises et d’une durée à peu près équivalente. Débuter un concert de quatuor avec Haydn n’est pas très original, mais la formation espagnole a choisi un ouvrage assez peu connu, et isolé, dans le catalogue du compositeur, l’Opus 42 (1785). En effet, ses quatuors se regroupent en cycles, à l’exception de celui‑ci et, à la limite, bien que ce ne soit pas un quatuor à l’origine, des Sept dernières paroles du Christ sur la croix (Opus 51), régulièrement exécuté dans cette forme. Les caractéristiques du jeu du Quatuor Quiroga se révèlent pleinement dans cette interprétation de belle facture, mais un peu trop surveillée : précision du jeu, finesse de la sonorité, équilibre des échanges, sobriété de l’expression. Sur ce dernier point, les moments d’effusion demeurent même relativement rares durant ce concert.


Les musiciens, tous de niveau équivalent, aucun ne dominant l’autre, affichent ainsi beaucoup de tenue et de rigueur, mais sans épanchement. De la sorte, ils rendent justice à la modernité du Troisième Quatuor (1927) de Bartók, dans une lecture ciselée, voire raffinée, à laquelle il manque un peu de tranchant pour susciter totalement l’enthousiasme. Cette exécution élaborée en profondeur, plus cérébrale que passionnée, permet d’apprécier les détails et les effets de sonorité de cette composition d’une remarquable élévation de pensée, mais elle aurait pu afficher davantage d’audace et de fulgurance. Le niveau d’investissement de cette formation ne laisse rien à désirer, le jeu demeurant concentré et contrôlé, sur le plan des échanges, du rythme et de la dynamique.


En seconde partie, l’interprétation du Quinzième Quatuor (1825) de Beethoven partage les mêmes qualités de cohérence et de robustesse que les deux précédentes. Une certaine austérité se dégage de cette lecture délicatement ouvragée, mouvement par mouvement, un constant qui s’applique plus largement à tout ce concert. Le Quatuor Quiroga nous avait paru plus exalté il y a huit ans. Le mouvement lent affiche toutefois une sobriété qui le rend paradoxalement émouvant. Pour remercier le public, et comme la fois précédente, les musiciens complètent le programme avec une pièce de musique traditionnelle de Galice, la communauté autonome d’Espagne dont est originaire Manuel Quiroga, qui a donné son nom à leur formation. Ils affichent cette fois plus de spontanéité et d’effervescence.


Le prochain concert du festival se tiendra le 5 avril, également au Conservatoire : le Quatuor Zenne interprétera un autre quatuor de Beethoven, l’Opus 59 n° 2, la création d’une nouvelle œuvre de Walter Hus, ainsi qu’une composition de Giovanni Sollima.


Le site du Quatuor Quiroga



Sébastien Foucart

 

 

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