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Des ténèbres à la lumière

Geneva
Bâtiment des Forces Motrices
03/13/2025 -  et 14*, 15, 16 mars 2025
Sasha Waltz : Beethoven 7
Sasha Waltz (conception et chorégraphie), Ludwig van Beethoven, Diego Noguera (musique)
Rosa Dicuonzo, Edivaldo Ernesto, Yuya Fujinami, Tian Gao, Eva Georgitsopoulou, Hwanhee Hwang, Agnieszka Jachym, Lorena Justribó Manion, Sara Koluchová, Jaan Männima, Sean Nederlof, Virgis Puodziunas, Sasa Queliz, Orlando Rodriguez (danseurs)
Bernd Skodzig, Federico Polucci (costumes), Martin Hauk, Jörg Bittner (lumières), Jochen Sandig (dramaturgie)


(© Sebastian Bolesch)


Le Bâtiment des Forces Motrices de Genève a vibré sous l’énergie saisissante de Beethoven  7, un ballet de la chorégraphe allemande Sasha Waltz, figure majeure de la danse contemporaine. Dans une salle comble, le public a assisté à une œuvre puissante, un diptyque chorégraphique où l’ombre et la lumière, la tension et la fluidité se sont affrontées avec une rare intensité. Le spectacle est né d’un voyage de Sasha Waltz et de ses danseurs à Delphes en 2021, où la compagnie a investi les ruines du temple d’Apollon pour danser sur les deuxième et quatrième mouvements de la Septième Symphonie de Beethoven, sur un enregistrement de Teodor Currentzis. La performance a été retransmise en direct par ARTE. De retour à Berlin, Sasha Waltz a voulu présenter la symphonie dans son intégralité, couplée à une création de Diego Noguera (Freiheit / Extasis). C’est cette production, créée dans la capitale allemande en mars 2023, qui a été présentée à Genève.


Beethoven 7 s’ouvre sur une atmosphère sombre et mystérieuse, quasi apocalyptique. Pendant une demi‑heure, les danseurs évoluent dans une obscurité épaisse, noyés dans des volutes de fumigène. Les masques qu’ils portent au début du spectacle les font ressembler à des zombies. La musique de Diego Noguera, percussive et saturée, martèle le spectacle d’une cadence hypnotique et assourdissante. Une transe sonore qui semble convoquer l’expérience même de Beethoven et de sa surdité, un monde où le son est une vibration plus qu’une mélodie, où la perception devient intérieure et trouble. Les mouvements des danseurs, nerveux et saccadés, renforcent cette impression d’urgence et de chaos. Les corps, fragmentés dans l’espace, semblent se débattre contre une force invisible, dessinant une fresque de désolation et de mystère. Cette première partie, saisissante de puissance, a laissé le public en suspens, dans une tension presque oppressante.


Changement total d’atmosphère pour la seconde partie du spectacle, d’une heure environ : la Septième Symphonie de Beethoven se déploie avec toute sa clarté et son énergie, faisant éclater l’espace scénique en un tableau de liberté et de lumière. Les danseurs, libérés de la tension initiale, laissent place à une gestuelle fluide et naturelle. La danse semble se fondre dans la musique, épousant les envolées lyriques et les rythmes exaltés de Beethoven. Cette seconde partie offre une véritable célébration du mouvement et de la joie, contrastant avec l’oppression de la première partie. Sasha Waltz a su faire dialoguer avec brio l’ombre et la lumière, le chaos et l’harmonie et évoquer de manière puissante le combat contre le silence et la surdité. Le public, captivé, a offert une ovation prolongée aux danseurs.



Claudio Poloni

 

 

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