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Le goût du risque

Innsbruck
Tiroler Landestheater
03/09/2024 -  et 16, 21, 23 mars, 7, 11, 21 avril, 3, 18, 26, 31 mai, 6 juin 2024
Giovanni Battista Pergolesi : Stabat Mater [1]
Igor Stravinsky : Les Noces (orchestration Steven Stucky) [2]

Anastasia Lerman (soprano), Bernarda Klinar (mezzo-soprano), Alexander Fedorov (ténor), Johannes Maria Wimmer (basse), Tanzensemble des Tiroler Landestheaters
Chor & Extrachor des Tiroler Landestheaters, Michel Roberge (chef de chœur), Tiroler Symphonieorchester Innsbruck, Matthew Toogood*/Gerrit Priessnitz (direction musicale)
Edward Clug (chorégraphie), Gaj Zmavc (répétitions), Jordi Roig [1] (décors, costumes), Marko Japelj [2] (décors), Leo Kulas [1] (costumes), Tomaz Premzl (lumières)


(© Birgit Gufler)


En 2018, Pierre-Laurent Aimard nous avait fait remarquer que le risque associé à certaines œuvres avait quelque peu disparu et qu’un certain confort s’était installé. Les Noces de Stravinsky ne sont pas une œuvre fréquemment jouée. Elle est terriblement exigeante, demandant beaucoup à tous les participants : danseurs, solistes, chœur et orchestre. La piècee ne dure qu’une vingtaine de minutes, pendant lesquelles l’intensité ne faiblit jamais, nous permettant de partager le sentiment de prise de risque avec les musiciens.


Edward Clug a apporté de belles idées dans sa conception. Les ensembles sont imaginatifs et débordent d’énergie. Il a introduit quelques personnages supplémentaires, notamment une fausse épouse, brillamment dansée par Ming Xuan-Vincent, tandis que le couple des parents, incarné par Mira Speyer et Mingfu Guo, est très expressif. Les ensembles délicats sont exécutés avec vigueur, exprimant à la fois le travail accompli et le défi que cela représente.


Le chef d’orchestre et les solistes sont des habitués de la production de L’Amour des trois oranges. Anastasia Lerman, qui reviendra à Innsbruck pour d’autres Noces mozartiennes, offre de belles nuances. Bernarda Klinar est peut‑être un peu moins tranchante. Alexander Fedorov a une voix puissante et surprend par sa capacité à s’imposer malgré les forces en présence. Seul Johannes Maria Wimmer semble peiner vers la fin de l’œuvre, mais rappelons qu’il s’agissait d’une première.


Ces Noces n’ont pas été jouées avec les quatre pianos et percussions habituels, mais dans une orchestration réalisée par Steven Stucky. Les percussions restent prédominantes, mais les cuivres interviennent avec force. Préparé par Michel Roberge, le chœur, flamboyant, reste au cœur de l’œuvre et est constamment en action. Une fois de plus, Matthew Toogood dirige l’ensemble avec autorité et esquisse un élégant pas de danse lors des applaudissements.


En première partie, le Stabat Mater de Pergolèse est une pièce beaucoup plus sobre. Les deux solistes, Anastasia Lerman et Bernarda Klinar, font preuve d’une certaine intériorité. Le style est plus classique, en contraste avec les interprétations historiquement informées. Cependant, la chorégraphie, évoquant le Christ et sa mère, est par moments en désaccord avec la musique.


Mais surtout, c’est une œuvre religieuse un peu « confortable » qui n’est pas aussi adaptée à une œuvre scénique aussi forte que ces Noces dramatiques et pleines de risques.



Antoine Lévy-Leboyer

 

 

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