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Un Oberon au sommet

Paris
Théâtre du Châtelet
03/08/2002 -  et 10*, 12 mars 2002
Carl Maria von Weber : Oberon
Steve Davislim (Oberon), Hillevi Martinpelto (Reiza), Charles Workman (Huon), William Dazeley (Sherasmin), Marina Comparato (Fatima), Frances Bournes (Puck), Roger Allam (récitant)
Orchestre Révolutionnaire et romantique, Monteverdi Choir, John Eliot Gardiner (direction)
John Eliot Gardiner, Roger Allam (mise en scène et adaptation)


Commençons par une remarque de vocabulaire : John Eliot Gardiner reprend le dispositif scénique du Falstaff qu’il a dirigé dans ces murs en avril dernier (lire la critique), à savoir un praticable au premier plan sur toute la largeur de la scène, une coursive qui fend l’orchestre en biais pour permettre allées et venues des chanteurs, et un promontoire surélevé au fond de la scène : un dispositif simple et efficace qui permet des mouvements et des perspectives proches d’une scène classique. Mais justement, Falstaff était «mis en scène», alors que cet Oberon, en costumes de surcroît, n’est, selon le programme, qu’une «version de concert» agrémentée, entre parenthèses, d’une «mise en espace». Coupable erreur marketing puisque gageons que si le Châtelet avait indiqué «mis en scène par John Eliot Gardiner», le théâtre eût été plein. Entre la version de concert et l’opéra mis en scène, il faudrait, pour éclaircir le public, trouver un terme adéquat pour caractériser ce qui n’a rien à voir avec une version de concert traditionnelle (les chanteurs le nez dans la partition) et ne prétend pas non plus au statut de mise en scène, mais vaut souvent mieux que ces dernières lorsqu’elles sont affectées de la vacuité ou de l’ego de leurs concepteurs. Proposons «mise en scène avec orchestre», pour bien signifier que l’orchestre se trouve sur la scène et non dans la fosse... Quoi qu’il en soit, l’objectif est que cette forme de présentation trouve son identité et puisse se développer tant, par sa forme légère, elle autorise l’exécution, dans d’excellentes conditions, d’œuvres «secondaires» du répertoire.


Et Oberon (1826), en France, fait partie de cette catégorie, mais sans doute un peu moins maintenant si l’on en juge par l’accueil enthousiaste du public. L’adaptation du livret et son raccourcissement (par l’intervention d’un narrateur) redonne de la fluidité à cette histoire baignant délicieusement dans un Orient de pacotille. Après l’Abu Hassan de sa jeunesse (un court opéra en un acte), Weber retrouvait, à la fin de sa vie, un orientalisme fort à la mode à son époque. L’excellente distribution vocale magnifie une partition dans laquelle il faut faire preuve d’ampleur et de souffle préromantiques tout en rendant les délicats arabesques et ornements post-classiques. Gardiner allège et vivifie le tissu orchestral pour notre plus grand plaisir et mène cet Oberon au sommet. Souhaitons que cette excellente réalisation, après un beau Freischütz (en vraie version de concert cette fois) par l’Orchestre de Paris en février, contribue à plus faire aimer Carl Maria von Weber aux mélomanes français.






Philippe Herlin

 

 

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