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Sol Gabetta et Mikko Franck: un programme hétéroclite

Paris
Maison de la radio
12/21/2018 -  13 (Köln), 14 (Düsseldorf), 15 (Hamburg), 16 (Wien), 19 (München), 20 (Hannover) décembre 2018
Paul Dukas : L’Apprenti sorcier
Mieczyslaw Weinberg : Concerto pour violoncelle en ut mineur, opus 43
Richard Strauss : Tod und Verklärung, opus 24
Maurice Ravel : La Valse

Sol Gabetta (violoncelle)
Orchestre philharmonique de Radio France, Mikko Franck (direction)


S. Gabetta (© Marco Borggreve)


Assez – trop, même – composite, le programme permet à beaucoup de découvrir le Concerto pour violoncelle de Weinberg, créé par Rostropovitch en 1957, dont s’est éprise Sol Gabetta. Une œuvre où la subjectivité postromantique croise l’inspiration populaire juive, avec des touches d’ironie rappelant Chostakovitch, le maître, qui composera deux ans plus tard son Premier Concerto pour violoncelle. Harmoniquement et orchestralement, Weinberg ne va pas aussi loin, il est aussi moins grinçant, alors que les deux derniers mouvements, séparés par une Cadence, ont parfois tendance à bavarder faute d’une construction plus serrée. Il se situe d’ailleurs davantage du côté de la tradition du grand lyrisme concertant, dont déborde le premier mouvement. La violoncelliste argentine n’a rien à craindre des difficultés de l’œuvre, dont elle souligne surtout l’introversion douloureuse, manquant parfois un peu de puissance et d’imagination – notamment pour le deuxième mouvement. Mikko Franck la soutient parfaitement, avec toutefois plus de diligence que d’inspiration. Le bis est une page qu’elle chérit particulièrement: le Dolcissimo de Gramata Cellam, du Letton Pēteris Vasks, où l’interprète doit à la fois jouer et chanter.


Un Apprenti sorcier de belle tenue précédait le Concerto, assez déconnecté de son «programme», plutôt morceau de musique pure. Du «scherzo symphonique» Mikko Franck ferait même une étude pour orchestre, pour faire briller les pupitres de son Philhar’, souligner les voix et les plans sonores, moins soucieux de restituer l’humour corrosif de la musique. De même, il débarrassera Mort et Transfiguration de tout pathos, sans pour autant l’assécher. Superbe interprétation, par la clarté polyphonique, la fluidité de la pâte sonore, l’intensité de l’expression, avec un sens des climats – la désolation du début ou, plus encore, la grandeur de la péroraison: alors qu’on la trouve chez d’autres inutile et boursouflée, elle s’enchaîne naturellement à ce qui précède et impose aussitôt sa nécessité.


Que donner ensuite? Idéalement, rien. Le passage à La Valse ne va vraiment pas de soi, même si le Finlandais ne renonce pas à l’alanguissement chaloupé. Mais cette Vienne n’est pas celle de (Richard) Strauss. Il faut donc un temps d’adaptation pour adhérer à cette lecture d’une virtuosité sombre, à laquelle les musiciens prennent eux-mêmes un plaisir gourmand, où la direction ménage très progressivement la montée vers la déflagration des dernières mesures. Le bis, au contraire, ruisselle de lyrisme: Prélude en sol bémol majeur du Finlandais Heino Kaski... qui s’enchaîne bien mal à La Valse.



Didier van Moere

 

 

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