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Così fan tutte sur l’île de la tentation

Lausanne
Opéra
10/28/2018 -  et 31 octobre, 2*, 4, 7 novembre 2018
Wolfgang Amadeus Mozart : Così fan tutte, K. 588
Valentina Nafornită (Fiordiligi), Stéphanie Guérin (Dorabella), Robert Gleadow (Guglielmo), Joel Prieto (Ferrando), Susana Cordón (Despina), Bruno de Simone (Don Alfonso)
Chœur de l’Opéra de Lausanne, Pascal Mayer (préparation), Orchestre de Chambre de Lausanne, Joshua Weilerstein (direction musicale)
Jean Liermier (mise en scène), Jean-Philippe Guilois (assistant à la mise en scène), Rudy Sabounghi (décors et costumes), Jean-Philippe Roy (lumières)


(© Alan Humerose)


Dans Così fan tutte, Don Alfonso propose un pari à ses amis Guglielmo et Ferrando, qui sont tous les deux fermement convaincus de la fidélité de Fiordiligi et Dorabella, leurs fiancées respectives. Pour le metteur en scène Jean Liermier, cette épreuve fabriquée de toutes pièces trouve son équivalent aujourd’hui dans la télé-réalité, dans des émissions telles que Mon incroyable fiancé ou encore L’Ile de la tentation. Dans cette dernière, de vrais couples sont séparés et mis en contact avec des bimbos et des adonis musclés, sous les regards voyeurs des téléspectateurs, qui se délectent des mésaventures des participants. Le plateau de l’Opéra de Lausanne est donc envahi de nombreux techniciens (scripts, cameramen, perchistes) qui s’affairent à préparer un nouvel épisode d’une émission intitulée La scuola degli amanti (le sous-titre de l’opéra en fait). Don Alfonso en est le producteur. Des écrans, des caméras et des projecteurs complètent le décor. A la fin du tournage, les téléspectateurs sont sollicités pour savoir si les couples originaux doivent être reformés ou si ce sont les « seconds » couples qui doivent rester tels quels. Le concept est intelligent et cohérent. Jean Liermier, qui est par ailleurs directeur du Théâtre de Carouge à Genève, une des grandes institutions théâtrales de Suisse romande, a conçu un spectacle au rythme soutenu, sans aucun temps mort, avec une direction d’acteurs aboutie jusque dans les moindres détails.


Il faut dire que le metteur en scène a pu s’appuyer sur une équipe vocale pleinement investie et parfaitement crédible. La distribution est emmenée par la Despina impayable de Susana Cordón, un concentré d’énergie et de truculence, dont chaque passage sur le plateau s’apparente à un tourbillon. Fort de son expérience, Bruno de Simone n’a aucune peine à se glisser dans le personnage de Don Alfonso, dont il en fait un homme certes désabusé mais pas cynique, même si la voix accuse désormais le passage des ans. Après plusieurs années de troupe à l’Opéra de Vienne, Valentina Nafornită vole maintenant de ses propres ailes. Elle incarne une Fiordiligi délicate et un brin hautaine, à la belle voix lumineuse, qui se joue sans peine des difficultés de la partition. Excellente actrice, Stéphanie Guérin est cependant plus en retrait vocalement en Dorabella, en raison d’une voix qui doit encore être mûrie. Chez les garçons, on est séduit par la présence scénique et le timbre sonore de Robert Gleadow en Guglielmo ainsi que par la voix délicate et nuancée de Joel Prieto en Ferrando. Directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Lausanne depuis 2015, Joshua Weilerstein fait pour l’occasion ses débuts dans la fosse de l’Opéra de Lausanne. A la tête de sa formation, il offre une lecture pétillante et raffinée du chef-d’œuvre de Mozart, avec des tempi rapides, au diapason de la mise en scène.



Claudio Poloni

 

 

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