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Une distribution de très haut niveau

Geneva
Opéra des Nations
06/01/2018 -  et 3, 8*, 11, 13, 15, 17 juin 2018
Wolfgang Amadeus Mozart : Don Giovanni, K. 527
Simon Keenlyside (Don Giovanni), David Stout (Leporello), Patrizia Ciofi (Donna Anna), Myrtò Papatanasiu (Donna Elvira), Ramón Vargas (Don Ottavio), Thorsten Grümbel (Commendatore), Michael Adams (Masetto), Mary Feminear (Zerlina)
Chœur du Grand Théâtre, Alan Woodbridge (préparation), Orchestre de la Suisse Romande, Stefan Soltesz (direction musicale)
David Bösch (mise en scène), Falko Herold (décors), Bettina Walter (costumes), Michael Bauer (lumières)


(© GTG / Carole Parodi)


La nouvelle production de Don Giovanni actuellement à l’affiche de l’Opéra des Nations clôt en beauté la saison lyrique genevoise 2017-2018. Après un Così fan tutte déjanté se déroulant dans un bar en mai 2017, c’est à nouveau David Bösch qui signe le spectacle. Le metteur en scène vient du théâtre et cela se voit, tant la direction d’acteurs est millimétrée et tant les détails sont nombreux. L’action est cette fois transposée dans un théâtre désaffecté, dont la scène est envahie de mauvaises herbes ; l’auditoire est occupé par quelques fauteuils délabrés. Le « dramma giocoso » de Mozart et da Ponte vire ici au « giocoso ». Don Giovanni est vu comme un loubard en veston de cuir et à la chemise ouverte, qui promène son spleen et son mal de vivre en sniffant de la coke à tout bout de champ et en séduisant les femmes à chaque coin de rue. Pas de réflexion métaphysique, le libertin ne pense qu’à satisfaire ses envies et ses pulsions sans se poser de questions. Les gags et les trouvailles abondent : le catalogue, par exemple, est rempli de soutiens-gorges et de photos des conquêtes de Don Giovanni, lequel empoigne un balai faisant office de micro pour l’air du champagne, la statue du commandeur est remplacée par une urne contenant ses cendres... La multitude de détails scéniques distrait parfois les spectateurs de la musique. Quoi qu’il en soit, le finale est une incontestable réussite : la scène du décor s’ouvre pour laisser apparaître au fond le Commandeur ; recroquevillé, tremblant, Don Giovanni est aspiré vers lui.


Le spectacle bénéficie d’une distribution vocale de très haut niveau. Dans le rôle-titre, Simon Keenlyside est confondant de simplicité et de naturel ; le baryton n’a jamais besoin d’en faire trop, il est Don Giovanni, séducteur et voyou certes, mais aussi terriblement désabusé et humain en fin de compte. Le Leporello de David Stout a le mérite d’exister face à un tel maître, grâce à sa bonhomie et à sa truculence. Patrizia Ciofi est une Donna Anna psychorigide et colérique, excessive dans toutes ses réactions. La soprano italienne est très engagée scéniquement et interprète son rôle jusqu’à la limite de ses possibilités vocales. La Donna Elvira de Myrtò Papatanasiu est moins bien caractérisée, mais la chanteuse séduit par son allure élégante et son timbre lumineux. Petites lunettes rondes, costume noir beaucoup trop grand pour lui, Ramón Vargas livre un « Il mio tesoro » superbe d’élégance et de raffinement. Mary Feminear confère grâce et émotion à Zerlina, alors que le Masetto de Michael Adams séduit par son flegme et son naturel. Le Commandeur de Thorsten Grümbel manque quelque peu d’envergure vocal pour être réellement convaincant. A la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, Stefan Soltesz offre une lecture musicale aux tempi plutôt vifs et alertes, mais néanmoins un peu trop sage pour être totalement en adéquation avec la réalisation scénique. Au rideau final, ovations méritées pour un spectacle revigorant.



Claudio Poloni

 

 

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