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Patrimoine musical

Berlin
Philharmonie
05/17/2017 -  et 4 (Saint-Pétersbourg), 12 (Hannover), 16 (Köln) mai 2017
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 1, opus 15
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Symphonie n° 5, opus 64

Rudolf Buchbinder (piano)
Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg, Youri Temirkanov (direction)


Y. Temirkanov (© Sasha Gusov)


Dernière étape allemande d’une tournée qui, du 7 au 26 mai, mène par ailleurs le Philharmonique de Saint-Pétersbourg en Autriche, en Espagne et en Italie, celle de Berlin n’a semble-t-il pas attiré massivement le public de la capitale fédérale: les 2440 places de la Philharmonie ne sont pas toutes occupées, sans qu’il soit possible de savoir si cela est imputable à une certaine usure, constatée ces dernières années à l’occasion des habituelles visites parisiennes de la légendaire phalange de Mravinski (voir ici).


La première partie de la soirée vient corroborer de telles craintes. A 78 ans, Youri Temirkanov va bientôt entamer sa quatrième décennie à la tête d’un orchestre dont les principaux pupitres ne donnent hélas pas la meilleure image d’eux-mêmes dans le Premier Concerto pour piano de Brahms: comme en 2011 dans le Second Concerto, il privilégie des tempi particulièrement retenus et dès l’introduction, poussive et enlisée, on comprend qu’il faudra renoncer au souffle romantique du tout jeune Brahms. Le soliste, Rudolf Buchbinder (71 ans), manifeste le souci constant de dialoguer avec les musiciens russes – le passage de relais au cor, d’un beau geste de la main gauche, à la fin de la cadence du dernier mouvement, l’exprime de manière éloquente. Se fondant sur une technique encore très solide et développant un jeu à la fois subtil et nuancé, sensible et coloré, il détaille avec amour un texte dont il s’attache à révéler des éléments généralement peu mis en valeur, tels certains contrechants et, surtout, la finesse d’écriture. Pas de lutte, ni de course à la puissance, ni de passage en force dans cette partition que tant de dévoreurs d’ivoire ont maltraitée: le pianiste autrichien ne se met pas systématiquement en avant et quand il ne se fond pas dans une sorte de «symphonie avec piano principal» (comme l’est d’ailleurs davantage le Second Concerto), il regarde volontiers vers Chopin ou Schumann, option qui produit sans doute les meilleurs résultats dans l’Adagio central tandis que les deux autres mouvements pâtissent de cette approche étale et peu conflictuelle.


En seconde partie d’un programme confirmant que le renouvellement du répertoire n’a décidément jamais constitué la préoccupation principale de la formation pétersbourgeoise en tournée, la Cinquième Symphonie (1888) de Tchaïkovski permet néanmoins de la retrouver non seulement dans son patrimoine historique mais dans la plénitude de ses moyens artistiques, tour à tour mordante, savoureuse et virtuose. Usant d’un rubato très prononcé – l’introduction du premier mouvement, bien que marquée Andante, tire bien plus souvent vers un Adagio – Temirkanov n’en perd pas pour autant le fil, imposant d’une main de fer une interprétation très personnelle, parfois délibérément exagérée, qui s’inscrit en même temps dans la tension, l’autorité et le refus des concessions avec lesquels les Russes abordent cette musique: le procédé atteint son paroxysme dans le Finale, d’un seul élan qui balaie tout sur son passage depuis le thème cyclique de la symphonie, confié à soixante-huit (!) cordes, à la péroraison triomphale, où les quatre cors lèvent le pavillon vers le haut, mais le chef russe sait aussi rendre justice à la Valse (troisième mouvement), merveille de souplesse, de charme et de grâce.


Le bis – «Nimrod», neuvième des Variations «Enigma» (1899) d’Elgar – se situe à un même niveau d’inspiration même s’il témoigne une nouvelle fois d’une solide routine de la part de l’orchestre et de son directeur musical dans le choix des œuvres.


Le site de Rudolf Buchbinder
Le site de l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg



Simon Corley

 

 

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