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Une explosion de couleurs

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
03/14/2017 -  
Ludwig van Beethoven : Symphonies n° 1 en ut majeur, opus 21, n° 4 en si bémol majeur, opus 60, et n° 7 en la majeur, opus 92
Orchestre des Champs-Elysées, Philippe Herreweghe (direction)


P. Herreweghe (© Michiel Hendrickx)


25 ans! Voilà déjà 25 ans que Philippe Herreweghe a fondé l’Orchestre des Champs-Elysées qui, désormais, fait figure des phalanges jouant sur instruments d’époque les mieux établies. A titre personnel, que de souvenirs avec ces musiciens, de Saintes à Paris notamment ! Beethoven, Mendelssohn (fulgurante Italienne et somptueux Paulus notamment), Schumann, Bruckner (la Cinquième à l’Abbaye-aux-Dames), Mozart notamment ont permis à ces musiciens de renouveler notre approche du grand répertoire, guidés par un chef toujours en quête de quelque chose de neuf et de musicalement juste.


Dans le cadre de cet anniversaire, Philippe Herreweghe et les siens – car on est en famille avec ces artistes-là – ont choisi de donner l’intégrale des symphonies de Beethoven dans ce théâtre qui, grâce à son ancien directeur Alain Durel, a vu l’orchestre naître voilà donc un quart de siècle. Pour le premier des quatre concerts prévus, le public, venu en masse, avait droit à trois symphonies. Et, dès le premier mouvement (Adagio molto - Allegro con brio) de la Première Symphonie (1800), on est aux anges. Quelle énergie tout d’abord: on se demande d’ailleurs très vite si l’Orchestre saura tenir la distance – mais oui! Les bois relancent les cordes qui, quelques mesures plus tard, les relaient à leur tour dans une véritable explosion de couleurs. Car l’orchestre joue sur instruments d’époque. Alors certes, les cors ratent quelques attaques, le hautbois (excellent Emmanuel Laporte) n’est pas toujours d’une justesse absolue et le timbre des trompettes n’est pas forcément du plus bel éclat mais, en compensation, on entend un orchestre d’une justesse stylistique et d’un enthousiasme sans faille. Contrairement aux idées reçues, les cordes (à l’image du toujours impeccable premier violon solo Alessandro Moccia) ne dédaignent pas un léger vibrato et, même si l’articulation est parfois un peu abrupte, Herreweghe ne rebute pas quelques passages aux fortes tonalités lyriques. Le résultat est enthousiasmant à tel point que cette Première Symphonie apparaît comme n’étant ni l’héritage de Haydn, ni même la presque contemporaine de Mozart: elle incarne déjà le jeune Beethoven avec son style propre, ce qui n’est pas si fréquent. On reprochera seulement au chef flamand de ne pas prendre assez son temps dans le deuxième mouvement (Andante cantabile con moto), où l’on aurait aimé respirer davantage. Mais quel troisième et, surtout, quel dernier mouvement, d’une fraîcheur, d’une énergie encore une fois, incroyables: enfin un chef qui se souvient que Beethoven n’a que 30 ans et qu’il n’est alors qu’un jeune compositeur!


Les mérites de cette Première Symphonie, d’emblée saluée par des spectateurs enthousiastes, se retrouvent très vite dans la Quatrième. Comme d’habitude, on est totalement séduit par la clarinette de Nicola Boud et par la flûte d’Alexis Kossenko (le deuxième mouvement!), la finesse des bois le disputant à la dextérité des cordes qui, là aussi, dans le dernier mouvement (Allegro ma non troppo), ont relevé la gageure de suivre le chef à une folle allure! Pour autant, Philippe Herreweghe n’en fait jamais trop: impulsant les pupitres juste si nécessaire, adoptant une gestique toujours aussi étrange à regarder (par exemple, le poing fermé comme s’il saisissait le son avant de le redonner aux musiciens, n’hésitant pas lorsqu’il dirige les premiers violons à presque regarder avec amusement les premiers rangs des spectateurs), il enlève la symphonie avec une indéniable maestria et une légèreté de bon aloi.


Idem dans la Septième Symphonie: point de pathos inutile dans le fameux Allegretto! Des timbres qui se mêlent adroitement, une ampleur qui se développe au fur et à mesure de l’œuvre: Herreweghe nous livre dans le dernier mouvement (Allegro con brio) une vision plus dionysiaque que véritablement orgiaque. Marie-Ange Petit aux timbales, les bois dans leur ensemble, les trois cors (qui débordent un peu le cadre assigné mais avec une telle verve) participent chacun à la réussite d’un ensemble ovationné à juste titre. On aurait aimé que ce dernier mouvement fût bissé: il n’en sera rien. Autant dire qu’on attend la suite avec la plus grande impatience!


Le site de l’Orchestre des Champs-Elysées



Sébastien Gauthier

 

 

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