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Pur baroque montéverdien

Madrid
Auditorio Nacional
02/12/2017 -  et 9 (Barcelona) 10 (Girona) février, 10 (Valencia), 11 (Murcia), 12 (Ubeda) mai 2017
Claudio Monteverdi: Selva morale e spirituale: Dixit Dominus (II), SV 264 – Confitebor tibi domine (II), SV 265 – Iste Confessor (I), SV 278b – O Ciechi il tanto affaticar che giova, SV 252 – Jubilet tota civitas, SV 286 – Salve Regina (III), SV 285 – Laudate Pueri dominum (I), SV 270 – Laudate Dominum omnes gentes (III), SV 274 – Ut queant laxis, SV 279a – Messa a 4 da capella: Credo, SV 257, Crucifixus, SV 259, Et Resurrexit, SV 260, Et Iterum venturus est, SV 261 – Voi ch’ascoltate in rime sparse il suono, SV 253 – Salve Regina (I), SV 283 – Magnificat (I), SV 281
Balthasar-Neumann-Chor & Solisten, Balthasar-Neumann-Ensemble, Pablo Heras-Casado (direction)


P. Heras-Casado (© Richard Termine)


Dans la cadre du cycle «Universo Barroco» du Centre national de diffusion musicale, le chef Pablo Heras-Casado et l’Ensemble Balthasar Neumann ont obtenu un grand triomphe avec une sélection de pièces sacrées de la Selva morale e spirituale de Monteverdi, un recueil contenant de la musique pour n’importe quel mystère ou vêpres. D’autres pièces de ce même recueil seront à l’affiche l’année prochaine.


On imagine, voici longtemps, un groupe, peut-être des moines, choisissant plusieurs pièces sacrées de Monteverdi; ils puisent dans la Selva et construisent leurs propres vêpres: cinq psaumes de Noël avec leurs antiphonies, et un Magnificat pour la conclusion. Il aurait fallu des hymnes, ou au moins un. Mais s’il n’y a pas un hymne pour la fête qu’on veut célébrer, on peut fabriquer une contrefaçon: Monteverdi lui-même le recommandait. Après tout, le très sacré Lamento de la Vierge, inclus dans la Selva, est une contrefaçon du Lamento d’Arianna, l’opéra de Mantoue de 1608, perdu malheureusement hormis ce fragment. Si la même musique sert pour la plainte de la femme païenne abandonnée par Thésée et pour celle de Notre-Dame devant le tourment de son fils (qu’elle appelle parfois «époux»), cela signifie-t-il que la musique n’est pas une science exacte, mais peut-être quelque chose de trop humain? Et si la musique n’est pas une science exacte et si l’on ne dispose pas de témoignages directs de l’évolution de son interprétation, la sensibilité de Heras-Casado entre le goût supposé allemand et le goût supposé italien est une façon de s’éloigner de la certitude, de trouver la beauté du son par elle-même... une expérimentation réussie, c’est cela.


Heras-Casado et l’Ensemble Balthasar Neumann, pleins d’enthousiasme et de vivacité, ont donné un concert réussi de pur baroque montéverdien, dont la conclusion (un bis) fut une pièce de Praetrorius, magistralement interprétée par cet ensemble de seize voix et guère plus d’instrumentistes. Heras-Casado a dirigé Mozart et Weill, Wagner et Bizet, de la musique contemporaine... pourquoi pas Monteverdi aussi, le baroque lointain du XVIIe siècle? La preuve: un très beau concert. Il est important de témoigner de cette activité de Heras-Casado, moins connue que ses autres succès dans les opéras et les salles de concert du monde entier.



Santiago Martín Bermúdez

 

 

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