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Apothéose

Paris
Salle Pleyel
05/30/2001 -   et 31 mai 2001
Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano n° 1, opus 15
Dimitri Chostakovitch : Symphonie n° 5, opus 47

Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach (piano et direction)

Le public s’était rendu très nombreux à la Salle Pleyel, peut-être alléché par la venue de Martha Argerich, qui a finalement déclaré forfait. Mais il ne s’est pas déplacé pour rien, car Eschenbach et l’Orchestre de Paris, dans le dernier programme de leur première année de travail (la saison se conclura le mois prochain par un cycle Bartok avec Pierre Boulez), ont confirmé les très grandes qualités dont ils ont fait preuve ensemble depuis septembre dernier.


Voici quelques semaines (voir par ailleurs sur ce site), Olli Mustonen avait soigneusement démonté le Premier concerto de Beethoven. Eschenbach en a une conception plus traditionnelle, qui a d’ailleurs peu changé depuis qu’il l’a enregistré, en 1967, sous la direction de Karajan. De trois quarts devant l’orchestre (à la différence, par exemple, de Christian Zacharias, qui, pour diriger l’orchestre depuis son clavier, tourne le dos au public), Eschenbach est attentif, comme son compatriote, à établir le dialogue avec les musiciens plutôt que de se mettre systématiquement en avant en tant que soliste. D’une grande finesse, cette interprétation n’en met pas moins en valeur les versants plus sombres de l’œuvre (cadence de l’allegro con brio, partie centrale du largo).


Après Myung-Whun Chung et l’Orchestre philharmonique de Radio France début mars, la Cinquième symphonie de Chostakovitch est à nouveau à l’honneur. Comme Chung, Eschenbach est très attentif à la fois au détail des phrasés et aux grandes lignes du discours. Il restitue remarquablement les progressions dramatiques, ménageant des moments magnifiques où le temps paraît comme suspendu, notamment dans le largo. Parvenant toujours à soutenir l’intérêt, cette approche fortement contrastée offre une très large palette d’intensités et de climats, avec un allegretto à l’ironie âpre et appuyée et un allegro non troppo d’abord cinglant et virtuose, avant de culminer dans une péroraison très ralentie. La cohésion et les qualités instrumentales de l’Orchestre de Paris contribuent à faire de ce concert l’un des grands moments de la saison qui s’achève.




Simon Corley

 

 

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