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Trois trompettes pour un trompettiste

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
01/21/2016 -  et 20 (Maisons-Alfort), 25 (Stuttgart), 26 (Köln) janvier 2016
Ludwig van Beethoven : Egmont, opus 84: Ouverture – Symphonie n° 4 en si bémol majeur, opus 60
Johann Nepomuk Hummel : Concerto pour trompette et orchestre, WoO 1, S49
Michael Haydn : Concerto pour trompette et orchestre en ut majeur, MH 60

Reinhold Friedrich (trompette)
Orchestre de chambre de Paris, Douglas Boyd (direction)


R. Friedrich (© Rosa Frank)


La venue à Paris de Reinhold Friedrich, que l’on a envie de présenter comme le trompettiste du regretté Claudio Abbado tant on l’a vu jouer au sein de l’Orchestre du Festival fde Lucerne sous la direction du maestro italien, était le prétexte de ce concert intitulé «Trompette virtuose», qui réunissait deux concertos de la période classique. Ces concertos étaient associés à deux pièces pour orchestre de Beethoven, la célèbre Ouverture d’Egmont, qui débutait ce concert, et la Quatrième Symphonie qui le terminait.


Débuter un concert par Egmont n’est pas un exercice facile. L’âpreté de cette musique, notamment dans son adagio initial qui sollicite d’emblée l’orchestre dans toutes ses ressources, n’est pas aisée à rendre. Douglas Boyd et ses musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris s’y attèlent avec enthousiasme et énergie mais sans convaincre complètement, l’ensemble manquant initialement du liant nécessaire pour faire sonner cette exigeante musique. Mais dès l’allegro, la mise en place devient plus convaincante et la musique circule mieux d’un pupitre à l’autre.


Le Concerto pour trompette de Hummel est l’un des plus célèbres du répertoire. Il permet à Reinhold Friedrich une première démonstration de son grand talent à l’aide d’une trompette en mi bémol. Pureté de l’intonation, précision du son sont au rendez-vous, même s’il y a quelques imprécisions et micro-décalages avec l’orchestre, qui semblent parfois déconcentrer l’artiste. Mais l’aisance et la beauté de l’interprétation sont bien au rendez-vous notamment dans le final, véritable feu d’artifice sonore.


Après l’entracte, Reinhold Friedrich revient sur scène cette fois avec une trompette piccolo à grand pavillon. La démonstration devient alors véritablement époustouflante car, à la beauté et à la précision du son déjà remarquées en première partie, le musicien ajoute encore plus de virtuosité tout en phrasant en même temps qu’il offre d’impressionnants pianissimi. En bis, il revient ensuite sur scène avec une troisième trompette piccolo, encore plus petite, livrant, avec de nouveau une incomparable dextérité, un concerto de Leopold Mozart jubilatoire. Le musicien, manifestement enthousiaste et heureux d’être là, ne cache pas son plaisir de jouer avec les musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris et leur chef, Douglas Boyd.


Ce denier revient ensuite seul pour diriger la Quatrième Symphonie de Beethoven. Cette symphonie, moins jouée que d’autres, a souvent eu les honneurs des chefs du passé notamment de Karajan, Abbado et Kleiber et certains très grands chefs du présent comme Haitink, Rattle ou Chailly la programme souvent. L’orchestre de chambre de Paris livre ici une belle interprétation assez classique et dans des tempi raisonnables. Si les contrastes sont bien soulignés, les ruptures assumées, les contrechants bien audibles et la précision instrumentale au rendez-vous, il manque à cette lecture, pourtant travaillée et précise, cette jubilation lumineuse un peu folle mais contenue qui peut parfois transformer son écoute en une vraie fête. Mais il est vrai que l’Orchestre de chambre de Paris, sans doute en effectif insuffisant (3 contrebasses) pour une œuvre aussi visionnaire, souffre aussi d’une acoustique qui semble chaque fois plus sèche au fur et à mesure que l’on fréquente la Philharmonie de Paris.
Le troisième entracte du Rosamunde de Schubert donné en bis, belle incitation au repos nocturne, convenait finalement mieux que Beethoven à l’effectif orchestral de ce soir. Douglas Boyd et ses musiciens parvenaient d’ailleurs avec beaucoup de talent à exhaler toute la poésie retenue et la lumière joyeuse que cette musique contient. On ne pouvait rêver plus belle fin pour ce beau et passionnant concert.


Le site de Reinhold Friedrich



Gilles Lesur

 

 

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