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Du potentiel

Oviedo
Auditorio Principe Felipe
08/13/2015 -  
Joaquín Martínez de la Roca y Bolea : Los desagravios de Troya
Robert Schumann : Concerto pour violoncelle en la mineur, opus 129
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 2 en ré majeur, opus 36

Damian Martínez Marco (violoncelle)
Oviedo Filarmonía, Marzio Conti (direction)




Après le Falstaff de Riccardo Muti, et la polémique qui s’en est suivie sur son coût faramineux pour les finances locales, notamment au regard de retombées médiatiques et économiques pourtant contestables et d’ailleurs contestées car difficiles à mesurer, le festival Oviedo es musica a dû revenir brutalement sur terre. ConcertoNet s’est ainsi vu obligé à renoncer à narrer le concert du 4 août, émaillé d’un nombre incalculable de fausses notes et marqué par un manque de nuances assez consternant, l’acoustique du cloître du musée archéologique, toujours aussi inadaptée, n’ayant pas amélioré les choses. On espérait donc beaucoup de la prestation de l’Orchestre philharmonique d’Oviedo dirigé par son chef titulaire depuis 2011, l’Italien Marzio Conti, donnée dans l’auditorium de la ville, mille fois plus adapté aux concerts.


La première œuvre à l’affiche – si l’on peut dire puisque les affiches du festival estival se contentent toujours d’indiquer les artistes mais ne précisent jamais compositeurs et pièces programmés – relevait du baroque espagnol. Il s’agissait d’une œuvre devant accompagner une comédie, dont le titre pourrait se traduire par Les Réparations de Troie (1712), composée par un organiste de Tolède, Joaquín Martínez de la Roca y Bolea (1676-1747). D’une durée de quatre minutes et assez éclatante, mais très composite, elle mettait en appétit grâce à vingt-cinq des membres de l’orchestre bien menés par son chef, les cuivres n’étant malheureusement pas au niveau.


La deuxième œuvre était le célèbre, quoique inégal, Concerto pour violoncelle (1850) de Robert Schumann (1810-1856). Damian Martínez Marco, parfois imprécis mais jouant de mémoire, fit preuve d’une belle tension, qui ne fut pas toujours suivie par l’orchestre, notamment dans le premier mouvement qui se fit quelque peu poussif, aux phrasés incertains et comme morcelés, ne sachant où aller. Les cuivres péchèrent à nouveau mais on retint, en dehors des cliquetis provoqués par les clichés quasiment incessants d’un photographe de la presse locale d’une bêtise confondante, le jeu intense du violoncelliste et les superbes harmoniques de son instrument de Jean-Baptiste Vuillaume. Indéniablement un artiste disposant d’un beau potentiel. L’impression était d’ailleurs confirmée par la Courante de la Troisième Suite de l’inévitable Johann Sebastian Bach offerte en bis, prise assez rapidement mais isochrone et tenue avec goût.


La Deuxième Symphonie (1802) de Ludwig van Beethoven (1770-1827) concluait le programme. Elle confirma les qualités de l’orchestre et du travail assuré depuis plusieurs années par Marzio Conti à Oviedo. Sans partition sous les yeux, il sut transmettre tout le nerf de cette œuvre ne manquant pas non plus de potentiel et annonciatrice de bien des pages symphoniques ultérieures de son auteur. Les cordes, au milieu desquelles on repérait le noyau initial provenant des Virtuoses de Moscou, et les flûtes furent exemplaires et le final, tout d’équilibre, s’anima avec le volontarisme nécessaire sans que sa finesse d’exécution ait eu à en pâtir. Quel dommage que l’auditorium n’ait pas été mieux rempli en ce début de soirée triste et pluvieux ! Il y avait dans ce programme, sans pause, de quoi illuminer la fin de journée.


Le site de Marzio Conti
Le site de Damian Martínez Marco
Le site de la Philharmonie d’Oviedo



Stéphane Guy

 

 

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