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Entretien avec Niu Niu
06/15/2013


Né le 11 juillet 1997 dans la province de Fujian, Zhang Shengliang, qui se fait connaître sous le sobriquet de Niu Niu, a pris ses premières leçons avec son père. Depuis l’âge de dix ans, il étudie avec Hung-Kuan Chen, à Shanghai puis à Boston. Alors qu’il n’a pas encore seize ans, il publie chez EMI son troisième album, consacré à des transcriptions de Liszt: c’est l’occasion pour ConcertoNet d’interroger un phénomène dont le seul nom sonne déjà comme un défi à son compatriote Lang Lang, de douze ans son aîné.



Niu Niu (© Gold Typhoon Music Co. Ltd)



Pensez-vous qu’être un enfant prodige est une source de risques ou même de peur pour vous?
En fait, mon identité «prodige» ne me fait pas peur du tout, car je ne me soucie jamais de ce que les gens disent ou de l’étiquette qu’ils me collent; ce qui me soucie toujours, c’est de jouer avec sincérité et honnêteté.


Estimez-vous que vous avez (exactement) la même vie qu’un adolescent ordinaire? Considérez-vous que vous ratez quelque chose ou, au contraire, que vous êtes privilégié?
J’admets que je n’ai pas eu des plaisirs qu’ont d’autres enfants normaux, mais j’ai également reçu beaucoup de joies que d’autres enfants n’auront jamais la possibilité de vivre. Par exemple, j’ai pu me produire dans différents pays, rencontrer beaucoup de cultures différentes et bénéficier de beaucoup d’expériences sans précédent.


Pourquoi exprimez-vous des «remerciements spéciaux» à Paul Badura-Skoda et à Leslie Howard dans la notice de votre album? Sont-ils des modèles pour vous, particulièrement lorsque vous jouez Liszt?
Je ne veux pas réellement les traiter comme des «modèles», mais ils sont tous deux des musiciens exceptionnels. Je suis allé à Vienne pour étudier Mozart et Beethoven avec Badura-Skoda. Et je suis aussi allé à Londres pour étudier avec Leslie les transcriptions de Liszt qui sont au programme de mon album.


Lang Lang a-t-il été un modèle pour vous?
Non, car il n’y a aucun modèle dans ma vie. Mais il est un grand pianiste et ses interprétations m’inspirent aussi beaucoup.


Après Lang Lang, Niu Niu: tous les pianistes chinois ont-ils un nom double ou bien s’agit-il d’une coïncidence? D’où vient votre nom?
Niu Niu est un surnom: il m’a été donné parce que je suis né durant l’année de la vache dans le calendrier traditionnel chinois («niu» signifie «vache» en chinois).


L’essentiel du programme de votre album Liszt est dédié à des transcriptions: pensez-vous que c’est une part importante de l’héritage du compositeur?
Je pense que les transcriptions de Liszt sont des contributions très importantes parce qu’il a ainsi fait connaître au public Schubert, Bach et beaucoup d’autres compositeurs: à l’époque, les œuvres de beaucoup de grands compositeurs n’étaient pas données en concert et Liszt, d’une certaine manière, a rendu leur musique plus intéressante aux oreilles du public.


Avez-vous déjà joué certaines de ses transcriptions de Symphonies de Beethoven ou bien avez-vous l’intention de le faire?
J’ai essayé ses transcriptions de Symphonies de Beethoven, car je ressens qu’il leur a apporté des couleurs différentes.


Vous avez récemment interprété Malédiction pour piano et orchestre à cordes de Liszt: d’autres œuvres concertantes vous tentent-elles?
En fait, je n’apprécie pas particulièrement le répertoire concertant, même si j’aime certaines œuvres. Les pièces qui me fascinent le plus sont celles qui, à la fois, se caractérisent par des techniques avancées et qui requièrent une compréhension profonde de l’esprit du compositeur.


Quels compositeurs envisagez-vous de travailler, de jouer ou d’enregistrer au cours des prochaines années? Les pages que vous avez récemment enregistrées sont souvent ouvertement virtuoses. Jouez-vous par exemple Debussy ou Chopin?
Je joue Chopin, assurément! Quand j’avais douze ans, j’ai enregistré ses vingt-sept Etudes. Et je joue aussi Debussy et Ravel: j’aime tellement leur musique, car elle contient tant de différentes couleurs mystérieuses. Et je ne suis pas encore très sûr du programme de mon prochain disque, car les choses changent au fil du temps.


Etes-vous intéressé par les interprétations sur instruments anciens et avez-vous eu l’occasion d’essayer certains de ces instruments?
Cela m’intéresse beaucoup. J’ai déjà essayé des clavicordes et des orgues dans des musées. J’aime vraiment beaucoup leur sonorité, car si je me l’imagine lorsque je joue Mozart ou Bach, je peux parfois obtenir une meilleure sonorité.


Avez-vous un intérêt particulier pour la France et la musique française?
En fait, je suis actuellement tout à fait intéressé par la culture française, en particulier parce que j’apprends en ce moment le français; je peux ainsi connaître de mieux en mieux la France, par exemple les compositeurs français et leur style, la si délicieuse cuisine française mais aussi les monuments français.


[Propos recueillis par Gilles d’Heyres]

 

 

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