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08/28/2026 « Simply Mozart »
Wolfgang Amadeus Mozart : Così fan tutte, K. 588 : Ouverture – Symphonie concerto pour violon et alto, K. 320d [364] [*] – Symphonie n° 39, K. 543 Amihai Grosz (alto), Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (violon et direction)
Enregistré à Paris (avril 2023) et à Soissons (octobre 2023 [*]) – 60’50
Alpha 996 (distribué par Outhere) – Notice (en français, anglais et allemand) de Julien Chauvin et Laurent Muraro

Une ouverture, un concerto (ou simili) et une symphonie : voici bien le triptyque attendu de certains concerts, que nous trouvons là au sein d’un disque Mozart réalisé sous la houlette de Julien Chauvin, à la fois violon solo et chef du Concert de la Loge. Le style est évidemment « historiquement informé » avec une franchise dans les arêtes, un sens des contrastes à la fois de nuances et de rythmes, une attention portée aux ornementations qui nous éloignent des versions plus classiques (y compris de certains « baroqueux ») que nous pouvions entendre voilà encore quinze ou vingt ans.
L’Ouverture de Così fan tutte ne manque pas de verve mais les cordes s’avèrent vite un peu sèches, l’ensemble perdant en fluidité (souvenons‑nous de Böhm !) ce qu’il gagne indéniablement en couleurs. La Sinfonia concertante pour violon, alto et orchestre est un pur chef‑d’œuvre qui connaît déjà maintes très belles versions au disque, aussi bien dans des versions classiques (citons par exemple Augustin Dumay et Veronika Hagen chez Deutsche Grammophon ou les indémodables Oïstrakh père et fils, Decca) que dans des versions revues par les interprètes baroques (Thomas Zehetmair et Ruth Killius sous la baguette de Frans Brüggen, Glossa, version que nous avions déjà louée dans ces ces colonnes). Epaulé par l’altiste Amihai Grosz (par ailleurs un des altos solos du Philharmonique de Berlin), Julien Chauvin nous livre ici une version exaltante : outre l’entente parfaite entre les deux solistes (notamment dans le mouvement lent ou dans le facétieux Presto), la vivacité et la musicalité sont confondantes. L’entame vigoureuse de l’Allegro maestoso ne tombe jamais dans la raideur, la fraîcheur est toujours de mise, l’Andante n’est jamais larmoyant : c’est superbe ! Certes, on peut pinailler sur les glissandi des cors à 5’02 dans le dernier mouvement (assez étranges pour tout dire mais sans nul doute voulus par Julien Chauvin) ou sur certaines attaques un rien trop franches mais que voilà une très belle version.
Dans la Trente-neuvième Symphonie, Julien Chauvin fait parfaitement sonner son Concert de la Loge, fort de très belles individualités autant que d’une impressionnante cohésion d’ensemble. Nous sortons tout de même moins convaincu de l’écoute de cette symphonie, qui nous livre quelques excès habituels des interprètes souhaitant renouveler un discours classique entendu pendant des décennies : une certaine affectation (dans le premier mouvement notamment), quelques ralentis faciles (afin de mieux relancer la phrase qui suit), un rubato qui nous fait perdre la dramatisation du deuxième mouvement... L’ensemble n’en reste pas moins de grande qualité mais si l’on doit acquérir ce disque, ce sera surtout pour une Sinfonia concertante de tout premier ordre.
Sébastien Gauthier
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