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03/23/2025
Dimitri Chostakovitch : Suite sur des poèmes de Michelangelo Buonarroti, opus  145a – Octobre, opus 131 [*]
Matthias Goerne (baryton), Orchestre philharmonique de Radio France, Mikko Franck (direction)
Enregistré à Paris (15 avril 2021 et 15 juin 2024 [*]) – 52’50
Alpha 1121 (distribué par Outhere) – Notice en français, allemand et anglais)


Sélectionné par la rédaction





Curieux couplage de deux œuvres que tout oppose ! On ne s’étendra pas sur Octobre (1967), poème symphonique censé fêter le cinquantième anniversaire de la révolution de 1917. Chostakovitch fait confiance à son artisanat, qu’il sait efficace. L’orchestration, riche en effets cinématographiques, compense la banalité des thèmes (coda pompeuse à souhait). Pas plus que Vladimir Ashkenazy hier (Decca, 1992) Mikko Franck ne peut insuffler à cette partition la dose d’ironie, de second degré, qui la hisserait au‑delà du simple tribut à la mauvaise conscience soviétique.


Chef-d’œuvre du dernier Chostakovitch, la Suite sur des poèmes de Michelangelo Buonarroti (1974‑1975) a toujours séduit les barytons, au nombre desquels Dietrich Fischer-Dieskau (Decca, 1993) et Anatoli Kotscherga (Brilliant, 1994). Matthias Goerne, quoique moins diseur que « DFD », met son art de liedersänger au service de ce cycle testamentaire. Une projection dans l’ensemble un peu sourde qui, si elle n’abuse pas du mezza voce (péché mignon de Christian Gerhaher), sait transformer l’ample vibrato en atout. C’est bien le vieux Michel‑Ange qui nous parle ici, avec cette intensité et cette lucidité que confère le poids des ans – « La Mort » aura rarement semblé aussi proche (rappel des sonneries initiales) des Monologues de Jedermann de Frank Martin. Goerne campe en définitive un Michel‑Ange très humain, plus résigné que le rebelle Fischer‑Dieskau, moins souverain qu’un Kotscherga chantant dans sa langue. La mort, fût‑elle celle d’un génie, est la même pour chacun d’entre nous.


La captation globale jointe au souci manifeste de Mikko Franck de ne pas couvrir son soliste relègue l’orchestre trop au second plan : sans les outrances de Vladimir Ashkenazy à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio de Berlin (accompagnateur de Fischer‑Dieskau), les percussions du Philharmonique de Radio France auraient gagné à hausser le ton dans le spectaculaire « Créativité ». On goûte ailleurs les musiciens parfaitement en situation : cordes en larges aplats, appels des cuivres, résonance des cloches... Un disque à conserver pour l’émouvante incarnation du baryton allemand.


Jérémie Bigorie

 

 

 

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