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03/23/2025
Luciano Berio : Duetti pour deux violons
Béla Bartók : Duos pour deux violons, Sz. 98

Maria Milstein, Mathieu van Bellen (violon)
Enregistré à Zaandam (mai 2024) – 85’39
Album de deux disques Channel Classics CCS 47425 (distribué par Outhere) – Notice en français, allemand et anglais)


Sélectionné par la rédaction





Maria Milstein et son mari Mathieu van Bellen (membre du Trio Busch) ont eu la bonne idée de coupler ces deux cycles pour deux violons et, s’agissant des 44 Duos (1931) de Béla Bartók (1881‑1945), de renoncer à la succession des numéros – dont la difficulté va croissant – au profit du panachage. Cela conjure l’ennui qui guette dans certains cycles pianistiques à vocation pédagogique du maître hongrois.


Le défi consiste à croquer l’individualité de chacune de ces miniatures, d’en exhausser l’atmosphère tout à tour triste et roborative, nostalgique et motorique, dans un laps de temps d’une minute en moyenne (la plus longue atteint 2’20). Maria Milstein et Mathieu van Bellen interprètent ces Duos avec une aisance confondante et une constante légèreté de ton, quitte à donner le sentiment d’offrir une série de bis. Nous manque le jeu vibrant, la variété d’intonation et d’accentuation qu’y mettait le tandem Itzhak Perlman/Pinchas Zukerman (EMI, 1978), plus à son aise dans la caractérisation des rythmes magyars et du folklore de la Mitteleuropa (si proche de la musique klezmer).


Dans ses trente quatre Duetti (1978-1982), Luciano Berio (1925‑2003) déroule une série d’hommages d’une écoute facile pour l’auditeur et d’une difficulté modérée pour les musiciens – on est loin de la transcendance des Sequenze. Un certain nombre d’entre eux n’excède pas, pour une des deux parties, la première position. Humeurs variées : si l’ami Edoardo Sanguineti écope de la pièce la plus longue (4’13), le style se fait boulézien avec Boulez et bartokien avec Bartók. Quid de Stravinsky ? C’est celui de Mavra qu’évoque le Duetto n° 28, à allure de mélodie populaire russe. Au reste, le cycle est typique de cette muse hospitalière de Berio perceptible dans des œuvres comme Folksongs et Voci – le n° 24 est un authentique air sicilien. Le jeu ludique et multiforme de Maria Milstein et Mathieu van Bellen fait merveille dans ces pièces particulièrement accessibles, s’imposant désormais comme la nouvelle référence discographique devant Alexandr Bulov et Ilya Gringolts (Bis, 1999).


Jérémie Bigorie

 

 

 

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