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07/27/2012
Domenico Cimarosa : Requiem

Valérie Gabail (soprano), Katalin Várkonyi (mezzo-soprano), Etienne Lescroart (ténor), Ronan Nédelec (baryton), Chœur de chambre des Musiciens du Louvre, La Philharmonie de Chambre, Jérémie Rhorer (direction)
Enregistré en public durant le Festival de Pâques de Deauville (avril 2002) – 53’42
Ligia Lidi 0202243-12 (distribué par Harmonia mundi)





Evacuons tout de suite le second disque qui accompagne ce Requiem. Compilant vingt-cinq extraits d’œuvres diverses (de Gounod à Bach, de Liszt à Gilles), il permet surtout de célébrer les vingt ans de l’éditeur Ligia, prétexte à la parution de ce coffret de deux disques qui offre notamment à l’auditeur l’occasion d’écouter un concert donné en 2002 au Festival de Pâques de Deauville – il n’y a pas que Salzbourg dans la vie....


Deauville n’est pas n’importe quelle ville pour Jérémie Rhorer. C’est là qu’il a créé, en 2005, avec son ami le violoniste Julien Chauvin, le Cercle de l’Harmonie dont il préside depuis aux destinées et qu’il conduit désormais à travers le monde dans un répertoire allant de Rigel à Johann Christian Bach en passant par Mozart bien entendu et Spontini. C’est là également qu’il a dirigé, lors du Festival de Pâques qu’organise donc chaque année la ville, le Requiem de Domenico Cimarosa (1749-1801). Rhorer, qui venait d’être l’assistant de Marc Minkowski, bénéficiait, pour ce concert, du concours du Chœur de chambre des Musiciens du Louvre et il dirigeait alors la Philharmonie de Chambre, embryon sur instruments modernes de ce qui devait plus tard devenir le Cercle de l’Harmonie, cette fois-ci sur instruments d’époque.


Œuvre évidemment moins connu que ses opéras, le Requiem de Cimarosa a été composé en 1787. A son écoute, on ne peut s’empêcher de relire les paroles que Joseph d’Ortigue écrivait en 1833 à propos du style de Cimarosa, dans son ouvrage Le Balcon de l’opéra, tant elles s’appliquent parfaitement à cette partition et à son auteur: «Talent pur et modeste! Esprit original! Et l’originalité, qu’est-ce que c’est? Je ne me lasserai jamais de le dire: c’est le plus haut degré du naturel.»


Et, effectivement, ce qui frappe d’emblée, c’est la simplicité des lignes mélodiques. La musique est parfaitement représentative de ce que pouvaient composer à la même époque Haydn ou, car c’est à lui que l’on pense en plus d’une occasion, Pergolèse dont le Stabat Mater semble être une importante source d’inspiration, lui qui date de 1736. On écoutera notamment le duo féminin à partir de 2’ dans le Recordare qui nous renvoie immédiatement à la célèbre partition composée cinquante ans plus tôt. Ce Requiem alterne de façon assez classique passages d’une belle vivacité rythmique et d’un recueillement marqué. Pour le servir, le déjà talentueux Jérémie Rhorer dirige avec énergie un bon orchestre où les cordes s’amusent (dans les moments rapides de l’Ingemisco) et prennent le pas sur les autres instruments qui n’ont que rarement droit au chapitre (à l’exception peut-être des cors, tout spécialement dans l’Agnus Dei conclusif). Simplicité dans l’orchestre, simplicité également dans le chant. Le Chœur de chambre des Musiciens du Louvre est excellent, notamment dans le Kyrie ou dans le Dies irae où il fait ressortir toute la théâtralité d’une partition où les accents succèdent à de brèves pauses avant que le discours ne reprenne de façon rapide. Les solistes féminines, Valérie Gabail et Katalin Várkonyi, sont plutôt convaincantes (la mezzo chantant au surplus de façon remarquable dans le Judex ergo), leurs voix se mariant très agréablement dans le Recordare. Le ténor, en revanche, ne possède pas de timbre agréable, sa prestation dans l’Agnus Dei se caractérisant par une voix souvent poussée (à partir de 0’40) et sans grande assurance.


Il n’en demeure pas moins que cette version du Requiem de Cimarosa s’affirme comme étant actuellement la plus recommandable, l’ancienne version dirigée par Negri chez Philips n’ayant pas aussi bien vieilli qu’on aurait pu le penser.


Le site de Katalin Várkonyi
Le site d’Etienne Lescroart
Le site du Festival de Pâques de Deauville


Sébastien Gauthier

 

 

 

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