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09/01/2011
Antonio Caldara : La conversione di Clodoveo, Rè di Francia

Allyson McHardy (Clodoveo), Nathalie Paulin (Clotilde), Suzie LeBlanc (San Remigio), Matthew White (Uberto), Le Nouvel Opéra, Alexander Weimann (direction)
Enregistré en l’église Saint-Augustin de Saint-Augustin de Mirabel, Québec (juillet 2007) – 93’06
Coffret de deux disques ATMA Classique ACD2 2505 (distribué par Intégral) – Notice bilingue (français et anglais) de François Filiatrault et traduction des textes chantés





A l’image d’Antonio Vivaldi (1678-1741) qui naquit à Venise, fut célèbre en son temps et mourut à Vienne, Antonio Caldara est vraisemblablement né dans la Sérénissime en 1671 (les preuves manquent à cet égard) et est également décédé dans la capitale autrichienne, en 1736. Bien que les sources fassent défaut sur ses jeunes années, il paraît probable que Caldara ait reçu de son père, également musicien, ses premières leçons avant d’entrer dans un orchestre vénitien où il joua notamment de la viola da spalla. Le succès de ses premières œuvres lyriques le fait engager par le duc de Mantoue avant qu’il ne soit recruté en 1709 par le prince Ruspoli (qui sera également le mécène d’un certain Georg Friedrich Händel...) et, quittant définitivement Rome en 1716, qu’il ne finisse par entrer au service de l’empereur d’Autriche Charles VI, qui restera dans l’Histoire comme son grand protecteur. Auteur d’une quantité innombrable de pièces lyriques (mentionnons notamment Adriano in Siria en 1732, L’Olimpiade et Demofoonte en 1733), Caldara, loué au XVIIIe siècle comme un compositeur de premier ordre, finit pourtant par tomber dans l’oubli avant de renaître aussi bien au concert) qu’au disque comme l’illustre donc la présente gravure.


La Conversion de Clovis, roi des Francs n’est pas un opéra mais un oratorio en deux parties que Caldara a composé en 1715 alors qu’il était en poste à Rome. L’histoire est connue: le roi de Francs Clovis, qui a épousé Clotilde, princesse burgonde et catholique, est approché par Rémi, évêque de Reims, qui lui demande de protéger les Chrétiens. Pressé par son épouse de se convertir au christianisme, Clovis aurait invoqué l’aide du Christ lors de la bataille de Tolbiac (496) qu’il a remportée avec fracas. Sensible à ce signe du destin, Clovis finira par se convertir et se fera baptisé par Saint Rémi, ainsi que plusieurs milliers de ses soldats. L’oratorio de Caldara, basé sur un livret de Carlo Sigismondo Capece (1652-1728), fait donc intervenir ces trois principaux personnages que sont Clovis, Clotilde et Rémi, auxquels il faut ajouter Uberto, capitaine et, à ce titre, bras droit de Clovis dans la conduite des manœuvres militaires.


L’œuvre d’Antonio Caldara est bien représenté au disque; ainsi, cet oratorio bénéficie-t-il déjà d’une très belle gravure, réalisée par Le Parlement de musique, sous la direction de Martin Gester (Accord Baroque Universal). Pour sa part, le présent enregistrement ne manque pas de qualités, à commencer par les prestations des chanteurs puisque, nous en dirons un mot, l’accompagnement orchestral s’avère assez minimaliste. Dans le rôle de Clovis (Clodoveo), Allyson McHardy est généralement très à son aise. Même si la voix manque peut-être de souplesse dans les articulations, qui s’avèrent parfois légèrement heurtées (l’air «Voglio quel seno stringere»), elle allie très adroitement le caractère valeureux du guerrier (le très bel air «Rasserenatevi», accompagné notamment par des flûtes à bec qui confèrent à cette musique un caractère irréel et quelque peu nébuleux) avec celui de l’amant fidèle, sensible aux conseils de son épouse aimée (le passage «Come cerva che ferita» dans la seconde partie de l’oratorio, où l’accompagnement minimal des instruments met d’autant plus en valeur la pureté de la voix de McHardy). Nathalie Paulin (Clotilde) est également très convaincante: on écoutera notamment le superbe (mais très bref, à peine plus d’une minute !) duo «Con tuoi begl’occhi» entre Clovis et Clotilde dans la première partie, ainsi que son air «Io non so» (scène 4 de la première partie) où la musique, le jeu du violoncelle notamment, rappelle Vivaldi avec une incroyable évidence. On regrettera, de ce fait, quelques attaques un peu dures, tout particulièrement dans l’air «Se tanto il cuore ottiene», qui conclut la première partie.


Quant aux deux autres protagonistes, bien que «secondaires», ils n’en bénéficient pas moins de magnifiques incarnations et, au final, ce sont peut-être Suzie LeBlanc (San Remigio) et Matthew White (Uberto) qui laissent le meilleur souvenir à l’auditeur. Dans le rôle de l’évêque, Suzie LeBlanc donne un moment d’une stupéfiante beauté: l’air «Se mesta l’alma», basé sur un rythme de sicilienne, accompagné par une dentelle de cordes qui, cette fois-ci, rappelle plutôt Händel que Vivaldi. Il en va de même dans l’air «Agitato da speme» (scène 1 de la seconde partie) où éclatent des accents italiens que l’on entend généralement chez le Prêtre roux ou dans les œuvres de jeunesse de Händel (comment ne pas faire de parallèle avec certaines cantates ou, même, Rinaldo?). Dans le rôle guerrier d’Uberto, Matthew White est également excellent: on insistera tout spécialement sur deux airs («Di tua gloria» dans la première partie, «Quando il turbino è vicino» dans la seconde) où, épaulé par un accompagnement orchestral idoine (le violon solo dans le deuxième air), il fait montre d’une extraordinaire souplesse vocale, charmeuse à chaque instant.


Si Le Nouvel Opéra n’est pas l’ensemble baroque le plus réputé au monde et, pour une telle œuvre, peut-être pas le plus armé (que pourraient donner Europa Galante ou l’Orchestre baroque de Fribourg dans un tel oratorio?), il participe pleinement au succès de l’ensemble, sous la direction alerte d’Alexander Weimann qui tient également la partie de clavecin avec un soin tout aussi évident.


Le site d’Allyson McHardy
Le site de Nathalie Paulin
Le site de Suzie LeBlanc
Le site du Nouvel Opéra


Sébastien Gauthier

 

 

 

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