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02/19/2011 Franz Schubert : Andante, D. 604 – Klavierstücke, D. 946 – Adagios, D. 612 et D. 178 – Wanderer-Fantasie, D. 760
Irakly Avaliani (piano)
Enregistré à Yerres (juin 2010) – 68’47
Mécénat groupe Balas BCD08

Faisant suite à un exemplaire récital Schumann, ce nouveau disque d’Irakly Avaliani (né en 1950) correspond pour l’essentiel au programme d’une récente «schubertiade» partagée avec le baryton Thomas Dolié. ConcertoNet avait alors salué une interprétation caractérisée «par son tranchant et sa sérénité», qualificatifs qui conviennent parfaitement à la manière dont il aborde les trois ultimes Klavierstücke (1828): les deux premiers pour ce qui est de la sérénité, maîtrisant le déroulement si spécifique du temps schubertien et sondant les «divines longueurs» avec une rare hauteur de vue, le troisième pour ce qui est du tranchant, dynamisant la pièce avec une joie communicative et une irrépressible énergie. A noter que le pianiste géorgien interprète ici une version assez inhabituelle du Premier de ces Klavierstücke, comprenant le second «Trio» (Andantino en la bémol) que certains pianistes (Arrau, Pires, Uchida) préfèrent conserver alors que le compositeur l’a biffé de son manuscrit.
La Wanderer-Fantasie (1822) appelle les mêmes éloges, car l’on ne sait ce qu’il faut admirer ici le plus, de la détermination volontariste du premier mouvement, de la bouleversante profondeur du deuxième, de la lapidaire motricité du troisième ou du radicalisme beethovénien de la fugue finale: une «fantaisie» révélant le complet kaléidoscope de ses émotions et de ses climats, jusqu’à une douceur bien viennoise, mais dépourvue de toute mièvrerie. Le tout sans les anicroches relevées au concert mais toujours avec cette dureté qui y avait également été regrettée, particulièrement dans l’aigu.
Autour de ces deux œuvres de grande ampleur, trois raretés, courtes pages probablement destinées à des sonates (dont certaines sans doute inachevées), autant de «chutes» de l’atelier schubertien servies avec la même qualité d’inspiration: l’Adagio en sol (1815), l’Andante en la (1816) et l’Adagio en mi (1818). Soutenant Avaliani depuis plus de dix ans, le mécénat du Groupe Balas publie ses disques avec un soin qui n’a rien à envier – et c’est un euphémisme – avec celui qu’apportent parfois des éditeurs plus prestigieux et expérimentés, tant dans l’iconographie – en l’espèce, une peinture de Catherine Geoffray – que dans la notice (en français, anglais et allemand).
Le site d’Irakly Avaliani
Le site de Catherine Geoffray
Simon Corley
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