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09/27/2010
Jacques-François Fromental Halévy : La Reine de Chypre: Ouverture et Air de ballet (arrangement de Richard Wagner)
Jakob Rosenhain : Morceau de concert sur un thème de «La Reine de Chypre»
Franz Schubert : Rosamunde Fürstin von Cypern, D 797, opus 26: Musique de ballet n° 2 (arrangement d’Ernst Pauer)
Adolf Jensen : Chants d’Ionie (Erotikon), opus 44: Galatea, Zypern et Adonisklage
Francis Popy : Ode à Vénus, grande valse (arrangement de Cyprien Katsaris)
Anis Fuleihan : Cypriana
Cyprien Katsaris : Rhapsodie chypriote

Cyprien Katsaris (piano)
Enregistré en public salle Pleyel (1er mars 1978 [Rhapsodie chypriote]) et en studio à Mexico (2002) – 76’48
Piano 21 015 (distribué par Intégral) – Notice en anglais, allemand et français





En guise d’hommage à Chypre, Cyprien Katsaris, pianiste né à Marseille en 1951 et ayant passé son enfance au Cameroun, mozartien accompli, interprète sur le présent disque des œuvres de compositeurs européens inspirés par l’île de ses origines, sans grand rapport stylistique les unes avec les autres et le plus souvent dans des versions arrangées, l’île n’apparaissant en vérité que comme un fil conducteur assez ténu voire un simple prétexte à la découverte de pages méconnues.


Le disque débute ainsi par des extraits d’un opéra d’Halévy (1799-1862), moins célèbre que La Juive, La Reine de Chypre dans un arrangement d’un admirateur antisémite qui n’était pas à une contradiction près... Richard Wagner. L’Ouverture est constituée de variations sur un thème populaire dont le caractère rossinien s’avère renforcé dans l’Air de ballet qui suit. Katsaris prend à l’évidence plaisir à jouer ces pages sans prétention et plutôt charmantes. De Jakob Rosenhain (1813-1894), il nous présente ensuite une pièce très lisztienne inspirée de l’opéra précité d’Halévy avec autant de virtuosité que de finesse et en évitant soigneusement toute vulgarité.


Puis l’interprète donne une sobre lecture d’un arrangement d’un ballet extrait de la musique de scène Rosamonde, Princesse de Chypre de Franz Schubert (1797-1828), sorte de danse des canards assez pauvre. On se réveille alors à peine avec des extraits, présentés dans le désordre, des Chants d’Ionie d’Adolf Jensen (1837-1879). Un seul d’entre eux en vérité concerne Chypre, évoqué au travers d’un mouvement perpétuel rappelant le ramage des oiseaux dans les forêts de l’île avant qu’une plainte d’un Adonis paraissant complètement ramolli par le soleil chypriote ne vienne nous achever.


La présence de pages de Francis Popy (1874-1928) pourrait apparaître ensuite bien incongrue: le compositeur, né à Lyon, est bien français et on ne saisit pas immédiatement le lien entre sa valse utilisée dans le film Titanic, très Belle époque, et Chypre. Mais la notice précise que le choix de cette Ode à Vénus se justifie par le fait que Chypre est le lieu mythique de la naissance d’Aphrodite. La présence d’Anis Fuleihan (1901-1976) est plus compréhensible car s’il est mort Américain, il est le seul compositeur représenté sur le disque né à Chypre et sa suite Cypriana, aux couleurs byzantino-espagnoles, est indéniablement inspirée des portes de l’Orient. On retiendra de ses cinq pièces un portrait très dansant d’une fille de Paphos dont les scintillements évoquent le jeu du laouto ou du bouzouki et une sérénade albénizienne qui dérape étrangement dans l’illustration de film muet.


La Rhapsodie chypriote, dernière pièce de l’anthologie, écrite en 1978 en vue d’un concert donné au profit des réfugiés chypriotes victimes de la guerre et de la partition de l’île en 1974, ne présente pas plus d’originalité. Après une sorte de marche lugubre où la main droite, impressionnante, semble jouer comme sur un sandouri, on assiste à une grande fête dionysiaque, sorte de toccata bartokienne faisant penser à l’Allegro barbaro.


Au total donc, le disque rassemble des curiosités, pas toujours enthousiasmantes mais elles sont constamment jouées avec talent, alliant distance et générosité.


Stéphane Guy

 

 

 

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