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07/04/2010
Richard Strauss : Eine Alpensinfonie, opus 64

Orchestre de l’Opéra national de Paris, Philippe Jordan (direction)
Enregistré en public à l’Opéra Bastille à Paris (14 novembre 2009) – 52’35
Naïve V5233 – Notice de présentation bilingue (anglais, français)





Orchestre National de France, Kurt Masur (direction)
Enregistré en public au Théâtre des Champs-Elysées à Paris (29 novembre 2007) – 51’49
Radio France FRF005 (distribué par harmonia mundi) – Notice de présentation bilingue (anglais, français)





London Symphony Orchestra, Bernard Haitink (direction)
Enregistré en public au Barbican Center de Londres (8 et 10 juin 2008) – 50’20
LSO Live SACD hybride LSO0689 (distribué par Harmonia mundi) – Notice de présentation trilingue (allemand, anglais, français)







Réalisées en concert, ces trois captations récentes de la Symphonie alpestre (1915) de Richard Strauss (1864-1949) témoignent d’une perpétuation de la tradition d’enregistrement d’une œuvre qui a toujours été bien servie au disque, depuis la version enregistrée par le compositeur lui-même. Il faut dire que cette partition aux dimensions hors-normes sert d’outil de mesure de la performance d’un orchestre, qui y trouve aisément une matière démonstrative.


Et c’est effectivement à une démonstration sonore que se livrent Philippe Jordan et l’Orchestre de l’Opéra National de Paris, dans un disque qui se fait l’écho du premier concert donné fin 2009 par le chef suisse en tant que directeur musical de la formation bastillaise (lire ici). Bien que l’entrée en matière crée un caractère inquiétant et presque effrayant, il s’agit d’une version résolument rutilante de l’Alpensinfonie, dans laquelle transparaît le bonheur d’une rencontre entre un ensemble plein de fougue et un jeune chef amoureux du rythme et de la narration, sachant toujours trouver le bon tempo. Malgré de menues imperfections, l’orchestre est dans une forme éblouissante, respirant l’éloquence, la vigueur et la vivacité. Mais cette jeunesse et ces accents impétueux deviennent quelque peu étouffants… cinquante-deux minutes durant. Etouffante légèreté ? On déplore, en tout cas et par comparaison avec les versions de référence de l’œuvre, trop de moments où la lecture analytique de Philippe Jordan tire vers le littéral ou le superficiel. C’est scintillant, mais cela laisse froid – comme si cette version qui brille de mille feux diffusait une «chaleur glacée».


De ce point de vue, Kurt Masur et le National de France offrent davantage de fièvre dans leur enregistrement de 2007, fait de velours et de rondeur. Il faut dire que l’ancienneté de la relation entre le chef et l’orchestre leur permet cette approche très libre et personnelle, où la retenue de certains passages d’un confort presque endormi – paresseux, oserait-on presque dire, tant les dynamiques peinent à convaincre de bout en bout – n’empêche pas d’admirer la consistance du son (notamment dans les voix secondaires) ni d’entendre l’évident plaisir des musiciens à jouer ensemble sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées. La cohésion des pupitres est moins impressionnante et la mise en place assurément moins irréprochable qu’à l’Opéra Bastille, mais les arrière-plans sont beaucoup plus fouillés, Masur construisant des climats plus impressionnistes mêlant la nostalgie à l’élégie.


Si la version Masur évoque le Strauss du Rosenkavalier alors que celle de Philippe Jordan tire davantage vers celui d’Elektra, l’enregistrement de Bernard Haitink et du Symphonique de Londres réunit l’ensemble des facettes du compositeur allemand, remportant – de très loin – tous les suffrages au petit jeu de cette écoute comparée. Le magnétisme immédiat du disque du LSO ne lâche pas l’auditeur durant les cinquante minutes d’un parcours où l’on respire l’air pur des Alpes à travers une infinie variété de climats qui savent réconcilier l’étincelle et la glace, le soleil et le brouillard, le calme et la tempête. Cette version exceptionnelle, qui allie la perfection du tout et l’individualité des parties, bénéficie qui plus est d’un orchestre dans une forme superlative, au son très ouvert, luxueusement scintillant malgré un tempo allant. Bref, un disque de premier choix.


Le site de Philippe Jordan
Le site de Kurt Masur
Entendre le concert de K. Masur sur le site de France Musique
Le site de Bernard Haitink


Gilles d’Heyres

 

 

 

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