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10/08/2008 Gustav Mahler : Symphonie n° 5
Tonhalle-Orchester Zürich, David Zinman (direction)
Enregistré à Zurich (avril 2007) – 73’38
SACD hybride RCA Red Seal 88697 31450 2 (distribué par Sony BMG) – Notice trilingue (anglais, français, allemand) de Thomas Meyer

Comme ses concerts en attestent, David Zinman est un grand mahlérien. Quant à son association avec l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich, elle a livré de superbes disques. La surprise est donc brutale à l’écoute de cette fort décevante Cinquième symphonie de Gustav Mahler. Certes, tout est impeccablement mis en place. L’orchestre brille de mille feux (avec un beau cor solo de Mischa Greull). Le disque lui-même est présenté de façon très soignée, à l’image des autres volets de cette intégrale à mi-parcours, les quatre premières symphonies ayant déjà été publiées. Mais il ne se passe pas grand-chose tout le long de cette heure et quart trop sage et pas vraiment habitée.
Conduite par une trompette solo un peu fébrile, la Trauermarsch est molle et tourne à vide. Plutôt réussi, le Stürmisch bewegt parvient de temps à autre à inquiéter ou à susciter le malaise, mais sa mise en place, très progressive, déroute. Empesé et laborieux, le Scherzo manque cruellement de cohérence. L’interminable Adagietto (10’45) est peut-être le moment le plus décevant, a fortiori de la part d’un chef dont on s’attendrait à ce qu’il décape un mouvement qu’il plonge au contraire dans le doucereux. Quant au Rondo-Finale, il ne se dépêtre pas du sentiment d’ennui qui naît, dès le départ, d’une approche bien littérale. Bref, on comprend vite que l’on ne reviendra pas à cette interprétation en définitive trop lisse d’un chef d’œuvre surenregistré (180 versions à ce jour) et qui ne donne qu’une envie : retourner à des visions autrement engagées (Scherchen, Neumann, Barbirolli... parmi bien d’autres). Une grande déception.
Le site de David Zinman
Le site de l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich
Gilles d’Heyres
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