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07/05/2008
Ludwig van Beethoven : Intégrale des neuf symphonies – Triple Concerto pour piano, violon et violoncelle, opus 56 – Leonore II (ouverture), opus 72

Twyla Robinson (soprano), Karen Cargill (mezzo-soprano), John Mac Master (ténor), Gerald Finley (basse), Gordan Nikolitch (violon), Tim Hugh (violoncelle), Lars Vogt (piano), Chœur et Orchestre symphonique de Londres, Bernard Haitink (direction)
Enregistré au Barbican Center de Londres (novembre 2005 et avril 2006) – 397’41
Coffret de 6 disques (SACD hybrides) LSO Live LSO0598





On pourrait recommander d’entamer ce coffret par le deuxième des six disques (où une Huitième symphonie déchaînée succède à une Quatrième d’un équilibre renversant) pour comprendre ce que cette énième intégrale de l’Himalaya symphonique beethovénien apporte de plus à une discographie surchargée : non pas la plus-value d’une prise de son stéréo multicanaux (… la forêt de parasites sonores qui enveloppe certains concerts de Furtwängler n’ayant jamais empêché d’en goûter l’émotion), mais tout simplement un son. Un son plein et entier. Un son riche et puissant. Un son beethovénien.


Un son et une somme : Bernard Haitink n’en est pas, tant s’en faut, à son premier Beethoven ; il signe même (sauf erreur) sa troisième intégrale au disque. Les caractéristiques de cette lecture résident dans une énergie débordante, des tempos vifs et enlevés (à l’exception peut-être d’une Troisième symphonie plus sereine mais qui monte progressivement en puissance), une tension permanente ponctuée d’accents très marqués… trop peut-être (la faute à une timbale exagérément présente et des cuivres un peu envahissants). Les goûts de chacun feront de ces caractéristiques des qualités majeures ou des faiblesses relatives. Il est ainsi possible que le surcroît d’énergie et de tension rythmiques donnent parfois le sentiment d’une certaine sécheresse du message musical. La Septième symphonie en est un bon exemple, la tenue rythmique admirable du premier mouvement, la grande tension du Presto ou la vivacité implacable de l’Allegro con brio pouvant en définitive paraître un peu lassantes voire lisses.


Seuls quelques décalages (notamment parmi les cordes) viennent de temps à autre rappeler que nous sommes en présence d’enregistrements de concert, tant la présence du public se fait discrète. On ne s’étendra pas, d’ailleurs, sur les innombrables qualités des musiciens londoniens qui livrent une prestation impressionnante… les moments les moins marquants étant a contrario imputables aux éléments «extérieurs» à l’orchestre : les solistes du Triple concerto (et notamment un violoncelle fâché avec la justesse et l’intonation) et les chanteurs (pas honteux d’ailleurs) de la Neuvième symphonie, elle-même de fort belle facture mais qui n’apporte rien à une discographie déjà saturée.


Tout le reste n’est que bonheur et joie de vivre : ainsi d’une Deuxième symphonie joyeuse et vivante ou d’une Cinquième symphonie qui renouvelle le sentiment d’évidence laissé en concert (voir ici), portée par un timbalier déchaîné et des cordes qui paraissent y jouer leur vie. De même, la précision des attaques et la noblesse du discours font de l’ouverture Leonore II une arche frémissante qui monte progressivement vers la lumière. Mais le sommet ce coffret réside certainement dans une Quatrième symphonie belle à en pleurer et une Huitième symphonie d’anthologie, toutes deux regroupées sur le même disque (achetable séparément). Tentez votre chance : vous ne risquez vraiment pas grand-chose !


Le site de l’Orchestre symphonique de Londres


Gilles d’Heyres

 

 

 

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